Une page de notre histoire, Levens renoue avec son passé

Une page de notre histoire.

« C’est pour  me protéger des nazis, que ma mère me confia à Monsieur Gras et Madame Beney qui habitaient une grande maison au bas du village de Levens. Je n’ai pas  souvenir de leurs prénoms. Il y avait d’autres enfants dans la maison. Le dimanche nous allions à la messe. Ma maman me  rendait visite tous les dimanches. Venant de Nice en bicyclette elle empruntait la route d’Aspremont, l’itinéraire était, je pense, moins surveillé ? Je suis aujourd’hui âgée de 85 ans, je ne suis jamais retournée à Levens, je souhaiterai retrouver, s’ils existent les descendants de ces gens remarquables qui m’ont accueillie » : se confie Madame Rachel Amard  à Thierry Mieze, Adjoint au Maire de Levens, délégué à la culture et Président du Comité du Souvenir Français.

Les 26 et 27 août 1942 dans les Alpes-Maritimes 610 juifs sont arrêtés.

Rachel avait 8 ans lorsqu’elle fut cachée à Levens. Nous étions en 1942, Levens était occupé par une garnison Allemande. Plusieurs milliers de juifs, fuyant les nazis, se réfugient dans la zone sud. En mai 1942, tous les israélites âgés de plus de six ans doivent porter une étoile jaune. 610 juifs sont arrêtés par la police et la gendarmerie française, les 26 et 27 août 1942 dans les Alpes-Maritimes, alors sous le gouvernement de Vichy lance lors d’une rafle similaire à celle du « Veld’Hiv ». Ils seront rassemblés à la caserne Auvare à Nice puis envoyés en train au camp de Drancy.

 

Le «  Chalet Marie ».

Peu de levensois connaissent l’histoire de cette maison, encore moins qui y demeurait. Aucune personne n’apparait aujourd’hui, au nom de Gras encore moins de Beney aux archives de l’état civil de la commune.

La Maison des Enfants a été rasée.

Certains de nos anciens se souviennent seulement du «  Chalet Marie », ne grande maison au bas du village quartier du Rivet. Il ne reste qu’une photographie des Editions Giletta.

Les  investigations ont permis de récupérer l’acte de naissance en date du 30 juin 1942 au nom de Jean-Claude Gras fils de Lucien, instituteur  et de  Anne Beney, Directrice de la Maison des Enfants de Levens.

 

« Les seuls souvenirs qui lui restent sont les récits de sa mère ».

Mais retrouver monsieur Jean-Claude Gras a nécessité du temps et de la persévérance.

Ce n’est que très récemment que Thierry Mieze entre en contact avec monsieur Jean-Claude Gras qui lui communique que les seuls souvenirs qui lui restent sont les récits de sa mère.

« Effectivement mes parents administrés cette Maison, ils ont hébergé de nombreux enfants juifs. Mais comme beaucoup de ceux qui ont traversé cette époque tragique, ils sont restés peu loquaces » révèle Monsieur Jean-Claude Gras.

Répondant ainsi à la demande de madame Rachel Amar, une rencontre a été organisée sur l’emplacement de la « Maison des enfants » ou se trouve actuellement l’EHPAD-SSR. Une rencontre émouvante en Présence de Thierry Mieze.